Quand les géants de la tech mettent l’économie traditionnelle à contribution
Les géants de la tech mettent l’ancienne économie à contribution : loin d’être un univers aseptisé, les centres de données sentent la poussière et le diesel
L’image couramment associée à un centre de données est celle de salles grises ou blanches remplies d’équipements informatiques et de télécommunications, semblant fonctionner de manière quasi autonome avec une présence humaine minimale. En réalité, un centre de données en activité ressemble effectivement beaucoup à cela.
Avant la salle blanche : le chantier
Une autre réalité se cache derrière cette image : celle de travaux de construction colossaux que l’on peut comparer à des projets d’infrastructure publique à grande échelle. Nous associons généralement les travaux publics à des aménagements d’infrastructure majeurs commandés par les autorités nationales ou locales — routes, réseaux d’assainissement, voies ferrées, réseaux de services publics, et bien d’autres.
À première vue, la construction d’un centre de données ne diffère pas fondamentalement de ces grands projets d’infrastructure, à l’exception d’un aspect essentiel : le financement. Les moyens financiers exceptionnellement importants des grands acteurs technologiques leur permettent de réaliser ces investissements colossaux grâce à leur vaste capacité de génération de trésorerie et d’emprunt, sans avoir recours aux fonds publics. Cela représente un changement fondamental dans l’ordre traditionnellement accepté : les entreprises privées, par le biais de projets de centres de données, font désormais appel à un large éventail de prestataires privés et publics, alors qu’historiquement, ce sont les contrats du secteur public qui engageaient à la fois des acteurs privés et publics.
Pour simplifier, lorsqu’un leader technologique se lance dans la construction d’un centre de données, le processus commence par l’intervention de géomètres, de bureaux d’études géotechniques et environnementales, d’avocats, de consultants en énergie et d’architectes. Viennent ensuite les chefs de projet, les organismes de contrôle, les autorités de sécurité et les notaires. Viennent ensuite les principales phases de construction : terrassement, génie civil, travaux de structure, travaux de second œuvre et corps de métier techniques — excavation, fondations, structures métalliques, étanchéité, systèmes électriques, générateurs, refroidissement, détection d’incendie, câblage et fibre optique. La liste est longue.
Des besoins énergétiques insatiables
Avant même qu’un seul serveur ou composant informatique ne soit installé, un centre de données aura déjà généré une activité considérable pour les acteurs de l’« ancienne économie ». Une fois opérationnel, cette contribution se poursuit. La consommation d’électricité — quelle que soit sa source — est une nécessité évidente, car la fiabilité de l’approvisionnement énergétique est la priorité absolue de tout centre de données. Les besoins de ces géants (qui dépassent souvent les 200 000 mètres carrés) sont immenses, généralement de l’ordre de 100 MW ou plus, et doivent être satisfaits sans faille.
Des partenaires inattendus
Plusieurs entreprises qui pourraient sembler être des bénéficiaires improbables de projets liés aux technologies de l’information profitent désormais d’un vent favorable. Les services publics en sont un exemple, tout comme les fabricants de systèmes CVC (chauffage, ventilation et climatisation). Mais concentrons-nous sur un cas plus surprenant : Cummins, un spécialiste américain des moteurs à usage intensif (pour les équipements agricoles et miniers, les camions, les navires et les générateurs), une entreprise dans laquelle NS Partners investit depuis de nombreuses années.
Si Cummins bénéficie indirectement de la construction de centres de données grâce aux moteurs utilisés dans les équipements de construction et d’exploitation minière, l’entreprise est un bénéficiaire très direct du besoin critique en générateurs de secours hautement fiables. Cummins — à l’instar de Caterpillar — possède des décennies d’expérience opérationnelle dans ce type de technologie de moteurs, ce qui lui permet de proposer des solutions immédiates et éprouvées. Pour les passionnés de mécanique : le générateur de secours est un moteur diesel de 95 litres, capable de démarrer en moins de 20 secondes et de fournir une puissance continue de 2,5 MW.
L’accélération de la construction de centres de données a donc très probablement contribué de manière significative à la remarquable performance du cours de l’action de la société (+115 %) au cours des deux dernières années, même si celle-ci reste, par essence, un acteur indirect.
Un effet de retombées bénéfique pour l’ensemble de l’économie
Cummins n’est pas un cas isolé. Il illustre l’effet de retombée très vertueux que le cycle actuel d’investissement dans les centres de données exerce sur l’économie réelle. De plus, à ce stade, le financement ne semble pas constituer une contrainte, compte tenu des ressources colossales dont disposent les géants de la technologie pour poursuivre leurs ambitions.
Si les principaux indices boursiers mondiaux peuvent sembler chers aujourd’hui, ils sont néanmoins soutenus par un cycle d’investissement productif dont les effets s’étendent bien au-delà du secteur technologique — et, surtout, sans dépendre de financements publics. Il s’agit là d’une évolution dont il faut se réjouir.
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